De 1936 à 2007 Les Temps modernes, film de Charles Chaplin, n'a pas pris une ride, et Charlot pas une de plus. Bien au contraire ce film ressemble de plus en plus à l'image de notre société contemporaine dans laquelle nous ne sommes que des écrous de la machine capitaliste, lancée à plein régime dans la rentabilité, le profit et l'enrichissement d’un petit pourcent de la population mondiale qui rafle l'ensemble des ressources économiques planétaires. Quitte à en laisser mourir tout un continent. Mais revenons à nos moutons...
C'est d'ailleurs la première image du film, une belle brochette de petits moutons, montée en parallèle avec une belle brochette de travailleurs se rendant à l'usine. L'enchaînement réveille les consciences. Tous, ont perdu le contrôle de leur vie et, telle une montre, d'être réglée pour recevoir une cadence, un horaire, un mental de bon travailleur automatique…
L'Homme est la roue de l’engrenage du gros capitaliste. Soyez heureux, rien ne sert de penser ni même de réfléchir, vous n'avez qu'à répéter le même geste toute la journée. A l'époque, Charles Chaplin s'était inspiré d'une théorie économique à la mode, le Taylorisme. Du nom de son penseur Frederick Taylor ingénieur américain qui avait mis au point l'Organisation scientifique du travail ou (OST).
Quelques précisions à ce propos, le temps de le mentionner très rapidement, je ressors mes cours de terminal ES !
Diviser pour mieux rentabiliser, telle pourrait être sa devise. Pour lui un ouvrier qui réfléchit ou qui est autonome c'est un ouvrier moins performant. Alors il faut répartir les tâches de production. Ceux qui pensent et ceux qui fabriquent. Toute la chaîne de production est alors découpée pour donner une tâche unique à chaque ouvrier, il n'a plus alors qu'à s’exécuter à l’infini. Et les entrepreneurs de l'époque d'appliquer cette théorie et les ouvriers de devenir des machines, du capital travail humain. Et de se voir aliénés par le travail.

Aliénés ? Chaplin le pense ainsi. Dans ce film, un capitaliste de patron, non content d'avoir trouvé une formule pour rentabiliser toujours plus sa chaîne de production se dit qu'il pourrait s'en mettre plein les poches si au lieu d'embaucher il faisait accélérer la machine, quitte à rendre les gestes des ouvriers quasiment épileptiques. Souvenez-vous, robot Charlot imageant l'expression "perdre les boulons“ en déboulonnant les boutons de veste des passantes…
Le film prend toute sa force en montrant alors que la Société met aux arrêts notre petit Charlot rendu complètement dingo, pour avoir dévié de sa ligne droite de production en allant déboulonner les vestes des bourgeoises dans la rue ! On enferme ceux qui dérangent mais ils sont souvent le fruit de ceux-là même qui vous enferment. Le lien entre pouvoir politique et pouvoir économique n'est plus à prouver.
Ni le pouvoir de l’enfance en chacun, cette part de créativité qui nous appartient… Bien heureusement dans le film, la machine explose tout naturellement, les boulons se déboulonnent d’eux-mêmes et les moutons jouent aux loups en montrant leurs crocs dans la rue pour manifester contre l'exploitation.
Et Charlot… Charlot trouve son salut dans l'expression de ce que l'humain à de plus beau, le talent individuel unique et non conforme propre à chacun. C'est par son show comique que se termine l'histoire et c'est par l'expression des talents de chacun plutôt que par la standardisation de tous que devrait continuer le monde.
Rédacteur : Mickael Camus
Monsieur Lézard
Un grand bonjour ens...
Yakouba, le bêtisier...
c'est superbe ça !!!...
Vivre le livre : Le ...
MDRRRRRRYa pas un en...